Carnet noir : la mort de Clément Atangana suscite des réactions divergentes au sein de la classe politique
Passé de vie à trépas des suites de maladie le 4 octobre 2026 à Paris, à l'âge de 85 ans, alors qu'il occupait les fonctions de président de la Cour constitutionnelle jusqu'au moment de son décès, le cas de cet ancien magistrat de haut vol crée la controverse chez les figures connues.

La disparition de Clément Atangana, premier président de la Cour constitutionnelle de l'histoire du Cameroun, est diversement appréciée par des visages importants de la scène politique locale. « En apprenant le décès d'Atangana, ma première pensée est donc que son héritage doit être examiné au regard des responsabilités de sa fonction. Le Conseil, sous sa présidence, a-t-il offert aux Camerounais un moyen efficace de contester le pouvoir présidentiel, ou a-t-il protégé ce pouvoir de tout contrôle ? », s'interroge Michèle Ndoki, avocate au barreau du Cameroun et ex-cadre du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC).
« Aussi triste que soit la mort d'un homme, il est plus triste encore que son décès soit assombri par cette question : de nombreuses vies camerounaises auraient-elles pu être sauvées s'il avait fait son travail avec impartialité ? », renchérit-elle. Même son de cloche pour Me Alice Nkom, militante engagée dans la défense des droits de l'Homme et des libertés : « Clément Atangana a choisi le côté du pouvoir lorsque l'histoire lui demandait de choisir celui du peuple ».
À l'opposé de ces deux avocates, Jean Dieu Momo, ministre délégué auprès du ministre de la Justice garde des Sceaux, a choisi de saluer la mémoire du disparu : « Clément Atangana, l'homme aux cinq toges, s'en est allé vers son créateur. Il a rendu d'énormes services à son pays ».
La presse locale a consacré une bonne partie de ses publications et programmes au décès de cet homme de loi, qui s'est distingué en 2018 lors du contentieux postélectoral opposant le parti au pouvoir aux formations politiques de l'opposition, au sujet de la contestation des résultats enregistrés dans certaines localités. Le mot « irrecevable », utilisé à maintes reprises par Clément Atangana pour qualifier les plaintes formulées par l'opposition en vue de leur rejet, est devenu au fil du temps une expression populaire.
Diplômé de la prestigieuse École nationale d'administration et de magistrature (Enam), Clément Atangana a gravi tous les échelons de l'appareil judiciaire, avant d'être hissé à la tête de la Cour constitutionnelle par décret présidentiel du 7 février 2018. Né le 20 septembre 1941 à Ekoumeyeck, par Ngomedzap, dans la région du Centre, Clément Atangana aura marqué à sa façon son passage dans la haute administration camerounaise.
