Diaspora africaine : à l'heure des grands défis, l'urgence de « sauver » le continent
Devant les carences économiques et financières de plus en plus critiques que traversent les pays au sud du Sahara, frappés de lourdes conséquences au plan de la croissance et du développement, ses populations résidentes à l'étranger sont appelées à faire remonter la pente.

Les problèmes de l'Afrique noire (famine, guerres, insécurité, immigration clandestine, chômage des jeunes, etc.) préoccupent au plus haut niveau les dirigeants des États, plus ou moins volontaires pour apporter des solutions à ces divers maux. De ce fait, la diaspora des pays a son mot à dire dans l'élaboration des stratégies dont l'objectif est de soutenir les États et les populations sur lesquels pèsent les crises.
Dotée d'un fort potentiel numérique, économique et répandue partout dans le monde, la diaspora africaine compte, selon les données 2024, plus de 2,4 millions d'âmes aux États-Unis, 3,5 millions en France, environ le même nombre en Angleterre, près de 5 millions en Colombie, plus d'un million en Allemagne, 1,5 million au Canada et environ 2 millions en Turquie. Ingénieurs, médecins, banquiers, enseignants, sportifs de haut niveau, artistes, hommes d'affaires : ces profils se recrutent dans la file des citoyens des pays du continent installés hors d'Afrique, un atout essentiel pour la création d'emplois, le transfert de compétences et le financement de projets.
Avec le temps, le nombre d'Africains résidant à l'étranger a considérablement augmenté. Le gouvernement ghanéen a trouvé des mesures pour encourager sa diaspora à investir dans le développement et la croissance économique du pays : en décembre 2020, les autorités ont mis sur pied un programme baptisé « Diasporan Savings and Investment Account », piloté par le ministère des Finances, dont la mission se résume à faciliter les projets de la diaspora et à lui accorder des prêts à faible taux d'intérêt. Cette mesure pourrait servir d'exemple à plusieurs États d'Afrique noire touchés par les crises.
La Banque mondiale a évalué à 538 milliards de FCFA l'apport de la diaspora malienne dans l'économie du pays au cours de l'année 2017, contribuant à 7% du PIB en 2018. Ces chiffres démontrent la puissance de la diaspora lorsqu'elle converge ses forces pour relever le défi — une ambition qui, adossée à un élan de solidarité et de patriotisme, épargnerait l'Afrique noire de la dépendance occidentale tant décriée.