Églises de réveil en Afrique noire : quelle finalité pour la recrudescence du phénomène religieux ?
De grandes affiches inondent villes et campagnes, portant les visages et expressions des promoteurs de différentes chapelles. Quelle signification pour une telle publicité dans un contexte de pauvreté et de misère ?

L'on se croirait dans une grande foire des églises de réveil, tant leurs marques, propagées dans les rues, exposent le déploiement des pasteurs au cœur d'annonces pompeuses. L'omniprésence de leurs affiches semble défier les visuels des entreprises commerciales. L'anarchie autour de leurs dispositions sur les murs des maisons, des collèges et les avenues des centres-villes suscite le questionnement sur la finalité de ces confessions religieuses. Les thèmes, plus ou moins captivants selon les croyances, démontrent la volonté des pasteurs d'attirer et d'intéresser les foules vers eux : « Viens recevoir ta délivrance », « Ton heure de gloire a sonné », « La richesse entre tes mains », « Jésus t'invite pour t'offrir le bonheur », « La nuit du lion de Juda » et bien d'autres slogans frappants nourrissent leurs idées et ambitions.
Y aurait-il un prix à de telles actions, le plus souvent accompagnées de tapage médiatique et suivies de distribution de tracts aux carrefours ? La foi aurait-elle emprunté le manteau de la concurrence, mettant en rivalité les dirigeants de ces obédiences créées çà et là sans réelle distinction dans le fond de leurs dogmes ? Seules les appellations données à ces groupes divergent ; les orientations, les pratiques et les enseignements sont identiques dans l'ensemble.
Les « nuits de prière » offrent un programme varié. En RDC, au Cameroun, au Togo, au Gabon, en Afrique du Sud, bref dans les pays d'Afrique noire, le phénomène des églises de réveil fait observer un appauvrissement des fidèles au profit des pasteurs, propriétaires de richesses matérielles haut de gamme. Leurs adeptes paieraient-ils leur foi au prix des sacrifices offerts à leurs « hommes de Dieu » ?