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Filière coton : la campagne 2025-2026 plombée par la hausse de 30% du prix des intrants agricoles

Le récent rapport de la Banque mondiale fait état d'une augmentation des engrais dans le secteur du coton. Une inflation qui entraîne des conséquences au niveau de la production locale et réduit considérablement les chiffres de production prévus par la Société de développement du coton (Sodecoton), ainsi que l'activité des cotonculteurs.

Tchuisseu Lowé · Il y a 3 heures·0 vue
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Récolte de coton au Cameroun.

Le secteur du coton va davantage subir le poids des charges financières, causé cette fois par l'augmentation du prix des engrais chimiques, nécessaires à la production et à l'émergence de ce secteur d'activité. La situation actuelle paralyse les producteurs locaux et la Sodecoton, alors que l'entreprise envisage une production de 440 000 tonnes pour la campagne 2025-2026. L'urée, produit clé le plus utilisé pour le coton, est le plus touché : sa valeur pourrait grimper à plus de 60% par rapport au prix de l'année dernière, pareillement pour le potassium, dont le prix menace de monter à 12%, selon les prévisions de la Banque mondiale.

Les obstacles du secteur coton

La hausse des prix des intrants agricoles fragilise un secteur déjà affaibli par de multiples carences, notamment la réduction des espaces cultivables : au cours de la période 2023-2025, la superficie des terres exploitées est passée de 234 000 à 197 000 hectares. On note également l'envahissement des surfaces par les insectes nuisibles, ainsi que des inondations fréquentes qui rendent impraticable la culture du coton. Selon les sources officielles, la chute de la productivité a coûté plus de 10 milliards de FCFA de pertes à l'État durant la campagne 2024-2025, avec seulement 286 000 tonnes contre 400 000 tonnes projetées.

Le Cameroun reste dépendant de l'importation des intrants agricoles : selon l'Institut national de la statistique (INS), le pays a importé 225 334 tonnes en 2024. Une baisse des importations de produits phytosanitaires est toutefois enregistrée grâce à la production locale dans le secteur privé — le groupe Hydrochem, de l'opérateur économique Noutchogouin Jean Samuel, dispose d'une capacité de production annuelle entre 120 000 et 150 000 tonnes, réduisant de moitié les importations.

60 milliards de FCFA pour accompagner les producteurs locaux

Chaque année, l'État mobilise 60 milliards de FCFA de crédits en faveur des producteurs locaux, regroupés au sein de la Confédération nationale des producteurs de coton du Cameroun (CNPC), qui comptent entre 150 000 et 200 000 membres dans les régions du septentrion. « Le recouvrement des crédits de campagne, effectué par prélèvement direct sur les revenus issus de la vente de la production, enregistre très souvent des taux de 100% », explique Mahamadou Bayero, directeur général de la Sodecoton. Mais la hausse des intrants affecte les producteurs, qui peinent à rembourser leurs crédits : les impayés s'élèvent à 2 milliards de FCFA selon la CNPC, et certains producteurs, épuisés par l'endettement, sont contraints d'abandonner leurs activités.

Tchuisseu Lowé
Écrit par
Tchuisseu Lowé
Journaliste multiculturel Écrivain-poète Directeur de la publication
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