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Gabon : Oligui Nguema défend le patriotisme économique et exige à une firme étrangère le paiement de sa dette de 20 milliards FCFA

Au cours d'une visite sur les chantiers le 10 septembre 2026, le chef de l'État gabonais a recommandé à deux filiales étrangères opérant dans des domaines distincts d'implanter leurs sièges au niveau local — une mesure censée réduire les évasions fiscales, dans un contexte marqué par d'importants transferts de ressources financières hors du continent.

Tchuisseu Lowé · Il y a 1 jour
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Le président gabonais Brice Oligui Nguema.

« Construisez ou partez ! », a fait savoir le président gabonais aux investisseurs étrangers, connus pour avoir la mainmise sur les secteurs de la téléphonie mobile et de la diffusion des images par satellite au Gabon et dans plusieurs pays frontaliers. Oligui Nguema exige de ces multinationales la construction de leurs sièges sociaux au Gabon.

Au sujet de l'entreprise de téléphonie mobile, le média Russia Today (RT) rapporte que « le président gabonais a également évoqué des dettes d'environ 20 milliards de FCFA que la société devrait à des tiers, tout en s'interrogeant sur les investissements structurants réalisés par l'opérateur au regard des bénéfices tirés de sa présence sur le marché gabonais ». En faisant le lien entre le Gabon et le Burkina Faso, où la structure avait été suspendue par les pouvoirs publics, RT n'exclut pas « la possibilité de mesures similaires si les engagements pris au Gabon n'étaient pas respectés ».

« Cette intervention s'inscrit dans la volonté affichée par les autorités gabonaises de renforcer le suivi des investissements et de conditionner les avantages accordés aux entreprises à la concrétisation de leurs projets », renchérit le média russe.

2,8 milliards de dollars perdus en une année

La Banque africaine de développement (BAD) dresse un tableau sombre de la fuite des capitaux au Gabon. Selon l'organisme continental, le pays a affiché un déficit de 2,8 milliards de dollars en 2024, soit environ 1 591,8 milliards de FCFA. La fuite des capitaux compte parmi les éléments probants de cette disparition des recettes.

Selon le rapport de l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), plusieurs opérateurs pétroliers exerçant au Gabon surfacturent leurs coûts de production, ce qui entraîne des manquements dans la fortune publique. Les multinationales transfèrent leurs bénéfices vers des paradis fiscaux et échappent ainsi à la réglementation fiscale — un fléau économique qui traverse les frontières du Gabon.

Les méthodes pour contrecarrer le vice

En 2017, le Cameroun s'est allié à l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) pour lutter contre l'évasion fiscale des multinationales. Cette coopération internationale a permis au pays de récupérer 64,5 milliards de FCFA, selon le rapport sur la transparence fiscale en Afrique.

Les évasions fiscales des multinationales affectent la croissance économique des États qui constituent pourtant la source de leurs richesses : elles freinent le développement des infrastructures, faute de constructions locales, et maintiennent la jeunesse dans le chômage et la précarité, le manque à gagner pesant sur les investissements publics et ralentissant le développement.

Au Gabon, Oligui Nguema a lancé en septembre 2026 une campagne d'assainissement de la fortune publique. Pilotée par le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), l'offensive entend recouvrer 1 700 milliards de FCFA soustraits par la fraude et l'évasion fiscale. Gabonais et opérateurs étrangers présents dans le pays depuis une trentaine d'années sont désormais surveillés et interrogés sur l'origine de leurs capitaux.

Tchuisseu Lowé
Écrit par
Tchuisseu Lowé
Journaliste / Écrivain-poète Directeur de la publication
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