Insécurité à Bertoua : des réfugiés venus d'un pays frontalier sèment la terreur dans la ville
La capitale de la région de l'Est, jadis connue pour son hospitalité et sa tranquillité, a perdu sa fierté en raison des actes odieux perpétrés au quotidien par des groupes d'étrangers venus d'un pays voisin auxquels les locaux ont offert un accueil chaleureux. La menace grandit alors que les citoyens camerounais craignent la rupture de la cohésion sociale.

La ville de Bertoua n'est plus que l'ombre d'elle-même, au regard de l'explosion des cas de violences opérés par des réfugiés dans cette partie du pays. Bamvélé, Mokolo, Tigaza, Ndemnam, Yademe et bien d'autres quartiers de la cité constituent des zones dangereuses qui abritent des gangs, prompts à exercer la violence sur les paisibles citadins. « Nos frontières ont été ouvertes aux réfugiés et nous les avons accueillis avec une totale franchise. Nous les avons intégrés parmi nous, nous leur avons tout donné : maisons, plantations, vivre-ensemble. Curieusement, ce sont ces mêmes réfugiés qui sont devenus nos bourreaux », regrette Patrick Samyong, homme politique, dirigeant de plusieurs associations de jeunes basées à Bertoua et à Belabo.
« Ils disposent d'armes blanches avec lesquelles ils attaquent leurs cibles, ils intimident et agressent violemment, ils dépouillent les citoyens et s'en vont sans crier gare. Les scènes pareilles sont vécues tous les jours dans les agences de voyage, les marchés, les rues et même dans les domiciles qu'ils pénètrent avec force », confie Ousmane Agon, habitant du quartier Bamvélé. Dans sa parution du 15 juillet 2026, le quotidien gouvernemental Cameroon Tribune rapportait qu'un jeune moto-taximan de 26 ans avait été violemment agressé à Birpondo, atteint de quatre coups de poignard au cœur, aux côtes et au cou. Le 6 août 2026, le meurtre d'une jeune braiseuse de poisson au quartier Kpokolota, dépouillée avant d'être assassinée, a suscité une vague d'émotions dans la ville.
« J'ai été agressé à 21 heures à l'entrée de chez moi en revenant du travail. Désormais nous marchons en groupe pour tenter de nous défendre en cas d'attaque de ces hors-la-loi », affirme Pierre Ikuk, machiniste dans une société de la ville. Les pertes sont énormes : plusieurs marchands sont contraints de fermer leurs comptoirs avant l'heure prévue, les actes de violence étant fréquents à la tombée de la nuit.
Les dirigeants au secours des populations locales
Dans une telle atmosphère où règne l'insécurité de façon flagrante et permanente, les foules exhortent les autorités administratives à faire cesser les déviances causées par les réfugiés. Mais leurs appels restent sans suite. « Nous avons plusieurs fois saisi les autorités pour leur faire part du drame que nous subissons dans notre pays, sur nos terres. Malheureusement rien n'est fait, le mal perdure. C'est triste », s'insurge Patrick Samyong. « Les autorités de Belabo auraient reçu l'ordre de ne pas inquiéter ces réfugiés, au risque de créer une tension diplomatique entre le Cameroun et le pays de ces étrangers. Comment peut-on protéger les gens qui viennent d'ailleurs en les laissant marcher sur nous ? » Un propos qui traduit un sentiment de mécontentement généralisé, perceptible chez les citoyens camerounais résidant à Bertoua.
