Journée mondiale des enseignants : une célébration au goût amer dans le contexte camerounais
L'hommage rendu le 5 octobre de chaque année aux enseignants du monde entier semble peu probant au Cameroun, en raison des mauvaises conditions de travail que subissent les maîtres du savoir depuis des décennies.

La situation dans laquelle évoluent les enseignants camerounais laisse à désirer, notamment ceux de l'enseignement primaire et du secondaire, habituellement exposés à des manquements divers. Entre le calvaire subi pour le recrutement d'une poignée à la fonction publique, c'est la croix et la bannière pour le paiement de leurs droits. Côté salaire, le déficit saute aux yeux : le revenu mensuel de base d'un instituteur contractuel est fixé à environ 105 000 FCFA, près de 150 000 FCFA pour un instituteur fonctionnaire de catégorie B1. Quant aux enseignants du secondaire, leur rémunération mensuelle oscille entre 200 000 et 385 000 FCFA selon les catégories et les échelons. Au-delà de ces salaires peu honorables s'ajoutent des conditions de travail difficiles, particulièrement dans l'arrière-pays, où l'on déplore les difficultés d'accès aux services, les constructions scolaires anarchiques ou encore la pénibilité des soins de santé.
En comparaison avec les autres pays de la sous-région Afrique centrale, le Cameroun réserve un mauvais traitement salarial au corps enseignant. Au Gabon, un instituteur touche en moyenne 350 000 FCFA par mois, voire 500 000 FCFA selon les grades. En Guinée équatoriale, le salaire d'un enseignant du secondaire peut grimper jusqu'à 600 000 FCFA.
Dans l'objectif de contraindre les pouvoirs publics à améliorer leurs conditions de travail, les syndicats des enseignants du primaire et du secondaire ont initié en 2022 les mouvements « On a trop souffert » (OTS) et « On a trop attendu » (OTA). Malgré de légers réajustements et des promesses de valorisation des salaires, les maîtres du savoir continuent de décrier leur situation tout en exhortant le gouvernement à prendre des mesures concrètes. L'immigration vers le Canada serait désormais la solution idéale pour bon nombre d'enseignants, qui n'hésitent plus à quitter le pays natal dans l'espoir d'une vie meilleure.
L'enseignement supérieur n'est pas épargné : le Syndicat national des enseignants du supérieur (Synes) menace régulièrement de faire grève pour exiger le paiement d'arriérés de primes et de recherche, dont le montant avoisine 20 milliards de FCFA, suite à des dettes accumulées par l'État du Cameroun.
L'édition 2026 de la Journée mondiale des enseignants a pour thème : « Aux côtés du personnel enseignant, 60 ans à protéger la profession, promouvoir la condition enseignante et façonner nos futurs ».
