Téléphonie mobile : les abonnés en panne du bon réseau
Malgré la publicité et les annonces pompeuses portant sur les performances de leurs offres et services, les entreprises opérant dans ce domaine causent un manque à gagner aux utilisateurs de leurs produits.

Au quotidien, les abonnés se plaignent sans cesse de la mauvaise qualité des services offerts par les entreprises de téléphonie mobile. Entre les perturbations fréquentes du réseau et les dysfonctionnements au niveau des options tarifaires, la clientèle se trouve dans l'incapacité de réclamer des dommages et intérêts. Au-delà de ces manquements, le piratage des données personnelles, à l'instar des contacts téléphoniques et des portefeuilles électroniques, affecte également les consommateurs. « Je n'en veux plus. Deux gigas de connexion en trente minutes ? Cela fait déjà plus d'un mois que ça dure, vous ne me verrez plus dans vos choses », s'insurge Oscar Huxley Carême, enseignant, abonné d'une entreprise locale.
La plupart des consommateurs vivent la même situation. Les appels formulés en direction des institutions publiques en charge de la régulation de ce domaine n'ont rien changé ; le phénomène suit son cours en décuplant la masse des abonnés mécontents et désabusés. Toutefois, l'entreprise de téléphonie nationale, qui détient l'exclusivité de la fibre optique, manque de créativité pour lancer le défi à ses concurrents étrangers.
Les multinationales raflent le gain
La propagande des multinationales opérant dans le secteur de la téléphonie mobile ne cesse de croître à l'échelle continentale, à travers la télévision et internet. Partenariats, sponsorings et mécénats offrent une belle vitrine pour le marketing. Mais derrière ces artifices se trouvent d'autres réalités : recrutement de commerciaux ambulants mal payés, absence de contrat de travail, licenciements abusifs, heures de travail prolongées. En 2021, les deux entreprises étrangères en tête dans la filière au Cameroun ont enregistré un bénéfice évalué à 500 milliards de FCFA, un montant largement supérieur au budget de plusieurs départements ministériels, dans un pays où la grande majorité vit avec moins d'un dollar par jour.
Curieusement, les consommateurs locaux, majoritairement pauvres, font face aux problèmes liés à la mauvaise qualité du service, un mal qui va grandissant dans l'indifférence totale des décideurs politiques, dont certains sont actionnaires dans ces multinationales.